Le 8 juin le Sénat a voté la levée progressive des sanctions, alors que,  le 28 avril,  l’Assemblée Nationale a, ni plus ni moins, appelé à leur levée sans exiger de contre-partie. Il est fondamental d’analyser certaines facettes de la propagande, que le Kremlin utilise pour manipuler l’opinion publique, jusqu’à sénateurs mêmes. En effet, les représentants des Français au Sénat ont massivement voté, le 8 juin, pour parer à la crise agricole française, en soutenant des agriculteurs en détresse, dont certains mettent fin à leurs jours.

Or, Nicolas Henin, auteur du livre « La France russe« , décode ce procédé de la propagande du Kremlin et de ses relais en France, notamment, de la part de  Nicolas Dhuicq.  Ce dernier, partisan de la levée des sanctions contre la Russie, n’hésite pas à instrumentaliser les suicides des agriculteurs français.

La stratégie de la propagande du Kremlin est souvent la même : un flot d’ information négative concernant un pays européen, en l’occurrence, la France, déferle sur Internet. L’information est volontairement exacerbée par les média pro-Kremlin.

Cet élément de langage est repris immédiatement par des personnes un peu plus fréquentables, celles du monde politique, par exemple, comme le député Dhuicq, qui l’utilise pour justifier la levée des sanctions.

Sauf que,  le problème de la surmortalité des agriculteurs n’a strictement rien à avoir avec les sanctions européennes, ni les contre-sanctions russes.

Nous voilà face, une nouvelle fois, à un épisode de la guerre hybride que mène le Kremlin,  non seulement contre l’Ukraine, mais, également, contre l’Europe. La mystification est déjà un peu plus subtile que l’histoire de l’enfant « crucifié » à Slaviansk ou celle de la jeune fille « violée » en Allemagne, car elle se base, en les détournant, sur des évènements factuels... De ce fait, cette mystification est encore plus dangereuse.

Personne ne pourra faire croire que Monsieur Dhuicq, qui s’est tristement illustré en Crimée, qui tient de plus en plus des propos anti-français issus de la plus primitive des propagandes du Kremlin, comme il en a donné une vision extrême le 28 avril passé à l’Assemblée nationale, est animé par des intentions humanistes. Sa feinte considération pour la détresse des agriculteurs relève d’une manœuvre des plus sordides.

S’il peut agir ainsi en totale impunité, c’est que notre société ignore toute une catégorie de ses compatriotes soumis à un marché mondial chaotique, impitoyable et imprévisible tout en enfermant ce groupe social dans un dramatique isolement humain et géographique.

Les terroirs, qui ont construit et qui composent la France d’aujourd’hui, ne doivent pas ressembler aux campagnes russes dont les villages vidés sont ruinés, les routes défoncées et impraticables, les paysans abandonnés à l’alcoolisme et à la dépression, dédaignés par la mafia d’ex-KGB qui gouverne ce pays et dont le seul souhait est de pouvoir jouir, en toute impunité, en Europe, de ses détournements, jusqu’à en faire un point majeur de la résolution votée le 8 juin au Sénat.
Pour ne plus laisser une partie nos agriculteurs faire face à un quotidien de plus en plus en plus difficile, à un endettement insoluble les acculant au suicide, notre pays doit lancer un véritable « Plan Campagnes » pour redonner espoir: audit des situations les plus critiques, analyse des endettements, recensement des besoins en accompagnement social, psychologique et humain… La lâche proposition qui consiste à se mettre aux ordres de Vladimir Poutine pour tenter l’illusoire réouverture d’un marché russe de plus en plus tourné vers l’autarcie, et qui devient insolvable, est une insulte au bon sens des Français ainsi qu’une forfaiture à l’égard de nos compatriotes en détresse.

Bernard Grua, porte-parole du Collectif « No Mistral for Putin »,

Viktoria Mait, traductrice pour la Communauté internationale des bénévoles InformNapalm,

Igor R., porte-parole du Collectif « Maintien des Sanctions »

 

Publicités