Aujourd’hui, le Premier Ministre russe, en visite en Crimée occupée, a été interpellé par des retraités qui demandaient une hausse de leurs pensions. Sa réponse fut concise : “Il n’y a pas d’argent. Mais tenez bon!”. Force est de constater, que le Kremlin ne remplit pas ses promesses irréalistes, qui avaient réussi à convaincre certains. Il a, de plus en plus, besoin de la levée des sanctions.

Si le régime russe était rationnel, il aurait peut-être tenté d’assurer la mise en œuvre complète des accords de Minsk. Cette mise en oeuvre lui aurait assuré une levée au moins partielle des sanctions. Or, ces dernières 24h, 7 militaires ukrainiens ont été tués et 9 autres blessés dans les affrontements, qui opposent depuis plus de 2 ans l’Ukraine et l’armée hybride russe. La Russie disposant du monopole de la gradation de la violence et des hostilités (escalation dominance), n’a, de fait, rien entrepris depuis la dernière extension des sanctions pour garantir un vrai cessez-le-feu, prévu par le premier point des accords de Minsk.

Tout laisse penser que le Kremlin a choisi un autre chemin vers la levée des sanctions : celui du lobbying de ses intérêts à travers ses réseaux en France. Par ailleurs il n’y a aucune raison de penser que la levée des sanctions soit son but final. Le Kremlin, par le biais de Lavrov, le dit clairement: il veut avoir un mot à dire sur chaque décision prise en Europe ou en d’autres mots limiter la souveraineté de tous les États du continent.

Jusqu’à récemment, notre gouvernement s’est montré ferme malgré les diverses techniques employées par le Kremlin. On ne peut que se féliciter de la bonne décision de ne pas livrer les Mistrals à la Russie. Elle a donné un signal positif, entre autres, à l’Australie. En partie grâce à cela, DCNS a pu décrocher “le contrat du siècle” pour la construction des sous-marins.

Or, ces derniers temps, on semble voir un certain nombre de signaux préoccupants envoyés par la France. En premier lieu le vote à l’Assemblée Nationale de la résolution Mariani, qui n’aurait pas pu être mis à l’ordre du jour sans l’accord de la conférence des présidents, contrôlée par la majorité. Une deuxième source d’inquiétudes provient de l’article 24 de la loi « Sapin 2 » débattue aujourd’hui par nos élus. Cet article « va protéger les Etats étrangers contre leurs créanciers ». Il fait immédiatement penser à l’affaire Ioukos, dans laquelle la Russie est appelée à payer des dizaines de milliards d’euros. Le plus inquiétant est que cette disposition pourrait, un jour, se retourner contre les entreprises françaises implantées en Russie contre lesquelles le Kremlin n’hésitera pas à utiliser des leviers administratifs.

Le 8 juin, nos sénateurs auront la possibilité soit d’envoyer encore un signal de complaisance à Poutine, l’incitant à poursuivre sa politique belliqueuse, soit d’agir avec fermeté et se montrer fiable vis à vis de nos partenaires et alliés européens.

Ensemble, nous pouvons informer nos élus des enjeux de ce vote et approfondir leur connaissance du dossier. Nous avons l’avantage que la vérité est de notre côté, il suffit maintenant de l’utiliser.

Igor R.

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