L’article paru sur le site  le Figaro en date du 04/09/2014, intitulé  » Un milliard d’euros de ventes de produits laitiers en jeu pour l’UE » servira de point de départ pour réaliser la comparaison entre les volumes des ventes des produits laitiers en 2014 et 2015.

On y voit qu’en 2012, la Russie ne représentait qu’un débouché de 87 millions d’ Euro et de 109 millions d’Euro en 2013 pour l’ensemble de la filière française (sur un total de 1 milliard pour l’ensemble de l’UE, pour laquelle la Russie constituait un des deux premiers débouchés a l’export), la Russie n’étant que le cinquième débouché à l’export pour la filière française et ne représentant que 1% de la production française.

On y apprend aussi que les exportations françaises en croissance depuis 2010 ont continué à croître en 2014 malgré l’embargo russe pris en août 2014 et ont baissé de 3% en 2015 (elles s’élèvent à 6,9 milliards en 2015), soit une baisse de 200 millions en 2015 représentant deux fois le montant des exportations vers la Russie d’avant embargo.

On note aussi que l’embargo russe frappe avant tout les exportations de fromage et de beurre sur lesquelles la France est peu active, contrairement aux Pays bas, par exemple.

L’article du Figaro de ce jour  sur les problèmes de la filière du lait en France nous remet en premier le prétexte de l’embargo russe comme cause des difficultés de cette filière sans citer le moindre chiffre sur le sujet.

En revanche,  on s’aperçoit que les causes primordiales de ces difficultés sont:

  • la suppression des quotas laitiers européens au début de 2015 qui avaient permis de réguler le marché pendant 30 ans en évitant la surproduction. Or les pays du Nord se sont engouffrés dans la brèche pour accroître très fortement leur production: +5% en début 2016 pour la production européenne!
  • la contraction du marché français avec une baisse de la consommation de 2,5 %, à l’inverse l’article nous précise que la demande mondiale reste en augmentation régulière de plus de 2% par an du fait de la demande croissante des pays émergents offrant de larges débouchés à l’export.

En conclusion: l’embargo décrété par la Russie n’est qu’un épiphénomène qui affecte un marché européen historiquement très protégé et encadré, qui a été totalement déstabilisé par une suppression brutale de quotas en début 2015.

Par Arthur L.

 Photo de Bernard Grua

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